vendredi 18 mai 2018

Dictée UNAFAM






                            Dictée du Printemps    (26 mai 2018)
Le texte :    Plaidoyer pour l’hortensia
Dans un hameau quasi introuvable parmi la multitude des coins pittoresques de notre région, à l’ombre d’une vieille grange aux tuiles rouges, prospèrent des hortensias blancs. Leur couleur est pure, pas encore tachée de rouille et les randonneurs s’attardent pour admirer ces grandes fleurs qui illuminent notre Bretagne.
Vous connaissez sûrement lhortensia : cette fleur étonnante, par sa taille, ses coloris, sa longévité, son agencement harmonieux dans des amphores pansues, des corbeilles rétro(s) ou d’antiques jarres extrême-orientales…
Toute la gamme des couleurs de l’arc-en-ciel, hormis le jaune et l’orangé, se décline dans ses multiples variétés. J’ai même vu, tout imbibée de fraîcheur (fraicheur) nocturne, une fleur verte ! Vraiment ? me direz-vous. Sans doute n’avait-elle pas réussi à s’imprégner du bleu lavande instillé par les pigments des morceaux d’ardoises pilées qu’on assure propices au bleuissement de la fleur.
Et la couleur grise ? Incongrue au royaume des fleurs, vous la surprendrez à la fin de l’automne quand pâlissent et flétrissent les pétales diaphanes troués par d’affamé(e)s forficules, ces pince-oreilles qui se logent un peu partout et sortent inopinément d’une tige creuse ou d’un bouton ratatiné.
Depuis quelques années, l’hortensia est omniprésent : sur les places des cités, le long des routes, près d’une aubette pour écoliers. De longues plates-bandes (platebandes)  fleuries, inattendues dans ces paysages austères, soulignent les courbes d’un talus ou colorent les bas-côtés  des chemins. Devenue incontournable et encadrée de massifs  blancs, bleus ou roses, la chaumière aux volets bleu roi, reine des cartes postales bretonnes,  rivalise de poésie avec les rochers chaotiques  du littoral.
Habitués à ces plantes si florifères, nous ne les voyons plus ; seuls des visiteurs étrangers les remarquent, incrédules bien souvent devant leurs imposantes ombelles.
Mais j’entends une objection : l’hortensia n’a pas l’agréable parfum dont s’enorgueillissent la capiteuse giroflée, l’humble violette ou la mielleuse glycine. Certes, mais il pallie cet inconvénient par ses nuances et par la diversité des plants – les cultivars – qu’ont créés de patients et passionnés horticulteurs.
Sublimant les anciens murs, agrémentant une cour de manoir ou un escalier aux pierres parfois descellées, l’hortensia, plutôt fleur d’ombre, mérite vraiment notre sympathie.
Texte écrit par Nicole Le Roux avec la complicité d’Henri Le Guen, Timbre d’or 2016



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Réalisation : Bernard Goasduff