dimanche 10 juin 2018

La dictée du Tour

Tour 2008 (lundi 7 juillet)  -  3e étape Saint-Malo-Nantes - le peloton à Landujan (Ille-et-Vilaine)

jeudi 7 juin 2018

La dictée de la médiathèque de Saint-Marc (7 juin 2018)

Un cadre idéal pour une dictée

                 Le texte :              Le Loup et le Chien                                                     
                                   D’après La fable de La Fontaine

Un loup, étique, efflanqué, famélique, qui ne pouvait déjouer la garde des molosses du voisinage, rencontre un dogue beau, affable, ma(h)ous, replet – était-ce un mastiff ou un labri(t), il ne savait –, qui s’était fourvoyé dans les laies sombres de la sylve profonde.                                                                                             
Sire Loup l’eût bien volontiers étripé. Mais le mâtin était vraiment trop baraqué !                                                                 

Il s’approche, matois, et loue son embonpoint, tout benoît.
  Qu’à cela ne tienne, lui répliqua le chien. Pour que vous soyez pansu comme moi, quittez donc ces fichus bois ; venez chez moi, on y fait bonne chère de maint reste culinaire. Voyez vos semblables comme ils sont pitoyables ! Ce ne sont que gueux, hères et mendigots qui, tels des traîne-misère(s), chaque jour, à jeun, dans le tréfonds d’un hallier, rejoignent le liteau. Aucun repas d’assuré, point de franche lippée.

Le loup reprit : « Et que faut-il donc faire ? »

      Peu de chose ! répondit le clébard. Chasser les petits filous, surprendre les loulous ! En un mot, tu joues les cerbères (les Cerbères) et à ton maître dois complaire ! Tu auras ainsi mérité ton salaire : os de biset(s) (bizet[s]), salmigondis et deux ou trois louches de soupe de temps à autre… sans oublier les hypocoristiques dont te gratifiera la gent [ʒɑ̃] domestique.

      Le loup, tout enjôlé, vers cette vie nouvelle, se voit appâté. Les reliefs d’osso(-)buco, d’une côte de veau, voilà qui changerait son errance de clodo !  Il hurle de joie, se vautre dans le sous-bois.  Se redressant, il aperçut le col du chien, pelé.

      Que vois-je là ? dit le loup intrigué.

      Ce poil tout râpé ? C’est l’œuvre du collier.

      Vous êtes attaché ? se récria le loup, sidéré. Vous ne courez donc pas où bon vous sied ?

Là-dessus, il se carapata, et court encor(e) les bois.

Henri Le Guen, timbre d’or 2016, avec la complicité de Philippe Dessouliers (club d’orthographe de Belfort)



étique
Ne pas confondre avec l’homonyme « éthique ». Ici, qui est affecté d'étisie. D'une extrême maigreur. cachectique, décharné, desséché, squelettique.
maous (mahous)
Argot d'origine inconnue, peut-être du breton mao, ou de l'angevin mahou « gros lourdaud ». Fam. Gros, de taille importante. Un garde du corps maous. balèze. Féminin : maousse
replet, ète
Qui est bien en chair, qui a assez d'embonpoint. dodu, grassouillet, plein, potelé, rondelet.
Les laies sombres
Espace déboisé, rectiligne, tracé dans une forêt pour y établir des coupes. On dit aussi layon.
N.B. Ce mot a d’autres sens possibles.
La sylve
Du latin silva, forêt. Terme poétique. Forêt, bois.
Sire Loup
La majuscule traduit la personnification, comme dans toutes les fables de La Fontaine.
L’eût
Conditionnel passé 2e forme (=l’aurait). Se conjugue comme au subjonctif.
Le mâtin
L’accent est indispensable pour différencier ce mot de son homonyme. Ici, Grand et gros chien de garde ou de chasse. N.B. Ce même mot peut désigner un homme désagréable, grossier, laid.
matois
Littéraire. Qui fait preuve de ruse sous des dehors de simplicité, de bonhomie. 2. fin, finaud, madré, rusé.
embonpoint
Pas de « m » devant le « p » ! Autres exceptions : bonbon, bonbonne,  + néanmoins
tout benoît, oîte
De l'ancien français benëir « bénir », du latin benedictus → benêt, bénit ; Ironique. Qui prend un air doucereux.
pansu
Qui a un gros ventre. gros, ventru.
faire bonne chère
Faire un bon repas. bombance, ripaille
maint reste culinaire
Adjectif indéfini. Littéraire. Plusieurs, un grand nombre de. En maint endroit. divers
Un hère
Homme misérable. Homonymes : air, aire,  haire, erre, ère, ers …
Le liteau
Lieu où le loup se repose pendant le jour. tanière.
Une lippée
Vx Repas, nourriture. ▫ Loc. Franche lippée : bon repas qui ne coûte rien.
Le clébard
De l’arabe « clebs ». Chien
Un cerbère (Cerbère)
Du nom propre Cerbère, nom du chien à trois têtes qui gardait l'entrée des enfers. Ici, portier, gardien sévère et intraitable.
os de biset
Se prononce [o] au pluriel. Le biset est un pigeon sauvage de couleur bise. On acceptera l’homonyme « bizet », bien que moins vraisemblable. Un bizet désigne un mouton d’Auvergne.
Un salmigondis
Vx Ragoût fait de restes de viandes. Sens figuré et moderne : mélange, assemblage disparate et incohérent. méli-mélo
Un hypocoristique
Un terme qui exprime une intention affectueuse, caressante. Diminutif, redoublement hypocoristique. Mon petit lapin est un hypocoristique si vous l’employez pour parler à un enfant.
la gent domestique
(En parlant des personnes) espèce, famille. La gent épicière. La gent féminine.
rem. Se prononce [ʒɑ̃] ou parfois [ʒɑ̃t]. « La gent trotte-menu » (La Fontaine) (les souris).
enjôlé
Séduit par de belles paroles, des cajoleries, des flatteries pour mieux duper. embobeliné, séduit, trompé.
L’osso(-)buco (n.m. inv.)
Jarret de veau servi avec l'os à moelle, cuisiné avec des tomates et du vin blanc (plat italien).
Un clodo
Mot valise. De clo(chard) et (cra)do. Familier. Clochard
où bon vous sied
Du verbe défectif seoir. Convenir. = où bon il vous plaît de vous rendre.
Se carapater
Fam. S'enfuir, s'en aller vivement. décamper, se sauver, familier, se tirer
encor
Licence de la langue poétique.
 

 

samedi 26 mai 2018

La dictée de l'UNAFAM

La dictée de l'UNAFAM
du samedi 26 mai 2018
Nombreux sans-faute
 
Les candidats dans l'amphithéâtre de l'UDAF, à Gouesnou

dimanche 20 mai 2018

Les Fêlés de l'orthographe en sortie


Les Fêlés de l'orthographe en sortie
Les marais salants de Guérande

Le vocabulaire de la saline
Paludières au travail : la préparation de la saline (19 mai 2018)
 

vendredi 18 mai 2018

Dictée UNAFAM






                            Dictée du Printemps    (26 mai 2018)
Le texte :    Plaidoyer pour l’hortensia
Dans un hameau quasi introuvable parmi la multitude des coins pittoresques de notre région, à l’ombre d’une vieille grange aux tuiles rouges, prospèrent des hortensias blancs. Leur couleur est pure, pas encore tachée de rouille et les randonneurs s’attardent pour admirer ces grandes fleurs qui illuminent notre Bretagne.
Vous connaissez sûrement lhortensia : cette fleur étonnante, par sa taille, ses coloris, sa longévité, son agencement harmonieux dans des amphores pansues, des corbeilles rétro(s) ou d’antiques jarres extrême-orientales…
Toute la gamme des couleurs de l’arc-en-ciel, hormis le jaune et l’orangé, se décline dans ses multiples variétés. J’ai même vu, tout imbibée de fraîcheur (fraicheur) nocturne, une fleur verte ! Vraiment ? me direz-vous. Sans doute n’avait-elle pas réussi à s’imprégner du bleu lavande instillé par les pigments des morceaux d’ardoises pilées qu’on assure propices au bleuissement de la fleur.
Et la couleur grise ? Incongrue au royaume des fleurs, vous la surprendrez à la fin de l’automne quand pâlissent et flétrissent les pétales diaphanes troués par d’affamé(e)s forficules, ces pince-oreilles qui se logent un peu partout et sortent inopinément d’une tige creuse ou d’un bouton ratatiné.
Depuis quelques années, l’hortensia est omniprésent : sur les places des cités, le long des routes, près d’une aubette pour écoliers. De longues plates-bandes (platebandes)  fleuries, inattendues dans ces paysages austères, soulignent les courbes d’un talus ou colorent les bas-côtés  des chemins. Devenue incontournable et encadrée de massifs  blancs, bleus ou roses, la chaumière aux volets bleu roi, reine des cartes postales bretonnes,  rivalise de poésie avec les rochers chaotiques  du littoral.
Habitués à ces plantes si florifères, nous ne les voyons plus ; seuls des visiteurs étrangers les remarquent, incrédules bien souvent devant leurs imposantes ombelles.
Mais j’entends une objection : l’hortensia n’a pas l’agréable parfum dont s’enorgueillissent la capiteuse giroflée, l’humble violette ou la mielleuse glycine. Certes, mais il pallie cet inconvénient par ses nuances et par la diversité des plants – les cultivars – qu’ont créés de patients et passionnés horticulteurs.
Sublimant les anciens murs, agrémentant une cour de manoir ou un escalier aux pierres parfois descellées, l’hortensia, plutôt fleur d’ombre, mérite vraiment notre sympathie.
Texte écrit par Nicole Le Roux avec la complicité d’Henri Le Guen, Timbre d’or 2016



Un aperçu du 14e championnat départemental d'orthographe (17 mars 2018)
Réalisation : Bernard Goasduff