Notre association des "Fêlés de l'orthographe" rassemble 150 passionnés de langue française qui se réunissent toutes les semaines dans la salle de la médiathèque de Bourg-Blanc (séances de 2 heures le vendredi à 14h). Ils organisent aussi de nombreux concours dont le championnat du Finistère d'orthographe (http://ortho29.blogspot.fr). Ce blog crée un lien entre ses animateurs et ses adhérents ...
dimanche 8 mars 2026
186 participants au 19e championnat du
Finistère
d’orthographe et de
langue française
Une fois encore, le public a bien répondu présent pour ce 19e
championnat du Finistère d’orthographe qui s’est tenu samedi 7 mars à
Bourg-Blanc. Cette manifestation annuelle a une place de choix dans le
calendrier des Fêlés de l’orthographe qui animent par ailleurs une douzaine de
dictées solidaires sur le territoire départemental. Gildas Roué, l’auteur du
texte, s’est plu à célébrer les 30 ans d’existence officielle de l’association
organisatrice (voir le texte ci-dessous). Merci à toutes celles et tous ceux
qui ont œuvré pour la réussite de cette journée et notamment à la mairie de
Bourg-Blanc et à tous nos fidèles partenaires.
Nos animations 2026 :
11 avril (14h) "Rêves de clown, Lampaul-Plouarzel
(salle Le Krugel) Texte Gildas Roué
À suivre : 25/04 (10h) : Salon "La mer en livres" Le Conquet
Texte : Henri Le Guen
30/05 (14h) : Dictée Rose'Attach (Bourg-Blanc MTL)
13/06 (14h) : "100 pour un toit" Saint-Pierre Brest
Texte : Nicole Le Roux
3/10 (14h) : "Tous avec toi, Enora", Bourg-Blanc (MTL)
Texte : Rémi Le Bras
17/10 (14h) : Ensemble pour Clémence, Gouesnou
Texte : Henri Le Guen
14/11 (14h) : Saint-Martin-des-Champs (Téléthon)
Texte : Henri Le Guen
28/11(14h) : Dictée de Gouesnou (Téléthon)
Texte : Henri Le Guen
Vendredi 4/12 (14h) : Plougastel-Daoulas (Téléthon)
Texte : Henri Le Guen
et samedi 10/10 : collège-lycée La Perverie (Nantes)
Texte : Henri Le Guen
Dictée de nos amis de Trégunc : samedi 6 juin
Le texte
Trente ans déjà !
L’association des Fêlés de l’orthographe a été officiellement déclarée le 12 janvier 1996. Ses premiers membres se réunissaient pour préparer les Dicos d’or, animés par Bernard Pivot. La finale nationale a été télévisée de 1985 à 2005.
Fadas, cinglés ou zinzins1 ? Non, tout bonnement fêlés, de l’orthographe évidemment. Ils sont, les vendredi de chaque semaine2, quelque3 cent adeptes à composer et à débattre pour un pluriel douteux, un genre indécis, voire un accord rare et étonnant dont l’école n’enseigne point la règle, mais toujours avec le sourire et la bienveillance.
La première dictée connue fut donnée treize siècles avant notre ère et gravée, non sur du papier vergé4, mais sur des tables de pierre, l’élève Moïse5 gravissant le mont Sinaï6 pour écrire de son calame7 les dix commandements8 dictés par Yahvé*9 dans le boucan des éclairs et la féerie du buisson ardent10. Nul besoin de recherches* savantes à l’époque !
Les premiers dicos naquirent bien plus tard : Littré11, vénérable lexicographe12 aux favoris broussailleux pondit son titanesque ouvrage qu’on eût pu13 confondre avec un bottin*14 mondain de l’Académie15. Larousse16, moustachu et républicain, voulut que les mots s’émancipent et que les écoliers écarquillent les mirettes17. Ah, ces mots désuets tels faquin18, pedzouille19 ou matamore20… que l’on pensait enfouis à jamais dans la nécropole du français ancien ! Quant à Robert21, plus hype22, il sut parler le verlan23 des banlieues.
Les dictées que nous affectionnons tous céans24 n’existeraient pas sans ces garde-fous25. On les consulte, on les interroge à la moindre panne des sens. Ces thésaurus*26 trônent en majesté sur nos bureaux en calambour27. Référence et révérence sont les deux mamelles du dico ou, comme qui dirait, ses roberts28…
Si la mémorable dictée de Mérimée reste, en la matière, le texte quintessencié29, symbole des traquenards, d’arcanes30 recherchés et de subtilités de la langue de Molière, notre moderne gourou demeure l’inénarrable Pivot31, qui, en magicien des mots, transforma la fastidieuse dictée scolaire en une manifestation conviviale qui fit ahaner32 — de plein gré ! — nombre d’écoliers et de téléspectateurs.
Pour confirmés et
champions. La palette des mots
est quasi infinie. Le poète les a ciselés en ballades33 et rondeaux34,
haïkus35 et pantoums36, voire calembours37 et virelangues38 incongrus.
Pour le trentième anniversaire des Fêlés de l’orthographe de Bourg - Blanc,
club où l’on conjugue la passion à tous les temps et l’accord du participe
passé à tous les désespoirs, excuserez-vous cette prose élaborée de bric et de broc par un adhérent délirant, avec sa
kyrielle de termes abscons39,
trop souvent mots à hics*40 ?
*Variantes : Iahvé, féérie, recherche savante, Bottin mondain, thesaurus, mots à hic.
Texte rédigé par Gildas Roué, relu par Henri Le Guen, tous deux membres des Fêlés de l’orthographe.
Lexique
Lexique
1. Fadas, cinglés ou zinzins : synonymes de fous.
2. les vendredi de chaque semaine : alors que les noms de jours, comme les noms de mois, sont
variables, la mention « de chaque semaine » impose le singulier !
3. quelque cent adeptes : quelque est adverbe invariable (sens de environ).
4. du papier vergé : marqué de vergeures (fils, filigranes)
5. l’élève Moïse : personnage biblique, prophète, il reçoit les Tables de la Loi sur le mont Sinaï.
6. le mont Sinaï : montagne d’Égypte (alt. 2285 m) où Moïse rencontre Yahvé (Dieu).
7. le calame : roseau taillé dont les Anciens se servaient pour écrire.
8. les dix commandements : les dix préceptes gravés sur des tables de pierre, que Dieu donna à Moïse
sur le Sinaï et que l’on désigne aussi sous le nom de décalogue. Pas de majuscules selon nos deux dicos.
9. Yahvé (Iahvé) : nom donné à Dieu dans le récit biblique (Ancien Testament). Majuscule obligatoire.
10. Le buisson ardent : buisson qui brûlait sans se consumer ; forme sous laquelle Dieu apparut à Moïse.
11. Émile Littré : médecin, lexicographe, philosophe... Il est passé à la postérité pour son Dictionnaire de la
langue française, communément appelé, par éponymie, « le Littré » paru de 1873 à 1877.
12. un lexicographe : auteur d’un dictionnaire de langue.
13. qu’on eût pu confondre : conditionnel passé 2e forme qui se conjugue comme un subjonctif.
14. Un bottin mondain : initialement, annuaire des téléphones édité par Bottin. Le Bottin mondain
répertorie les personnalités du grand monde (majuscule dans ce sens). Ici, l’article indéfini autorise
l’emploi de la minuscule.
15. L’Académie : l'Académie française, fondée par Richelieu en 1635 (majuscule obligatoire).
16. Pierre Larousse (1817-1875) : pédagogue, encyclopédiste, lexicographe et éditeur français. De son
Grand Dictionnaire universel du XIXᵉ siècle sera tiré plus tard Le Petit Larousse.
17. les mirettes : mot familier pour les yeux.
18. un faquin : Vx. Individu sans valeur, plat et impertinent (terme d'injure au XVIIe).
19. un pedzouille : mot familier et péjoratif. Péquenaud, plouc…
20. un matamore : du nom d’un personnage de comédie (Matamore = tueur de Maures). Bluffeur,
bravache, fanfaron, fier-à-bras
21. Robert : Le Petit Robert est un dictionnaire de langue française, publié par les Dictionnaires Le Robert.
Sa première édition paraît en 1967.
22. hype : anglicisme. À l'avant-garde de la mode, branché. Des boutiques hypes ou hype (inv.).
23. le verlan : argot conventionnel consistant à inverser les syllabes de certains mots : ex. ripou (=pourri)
24. céans : ici. Ne pas confondre avec l’homonyme séant.
25. ces garde-fous : dans les noms composés avec « garde », ce dernier est variable lorsqu’il est substantif.
26. ces thésaurus (thesaurus) : répertoire alphabétique
27. nos bureaux en calambour : bois d’aloès utilisé en tabletterie.
28. ses roberts : familier. Seins.
29. le texte quintessencié : raffiné et subtil à l’excès.
30. d’arcanes recherchés : Initialement, préparation mystérieuse, réservée aux adeptes. Secrets.
31. Bernard Pivot : homme de lettres et animateur des Dicos d’or (1985-2005) à la télévision.
32. ahaner : vx. Faire de grands efforts, peiner. Littéraire. Respirer bruyamment sous l'effort.
33. une ballade : petit poème de forme régulière, composé de trois couplets, avec un refrain et un envoi.
34. un rondeau : poème à forme fixe du Moyen Âge (repris et transformé au XVIIe s.), sur deux rimes avec
des vers répétés. Les rondeaux de Charles d'Orléans.
35. un haïku : poème classique japonais de dix-sept syllabes réparties en trois vers
36. un pantoum : poème composé de quatrains à rimes croisées, dans lesquels le deuxième et le
quatrième vers sont repris par le premier et le troisième vers de la strophe suivante.
37. un calembour : jeu de mots fondé sur la différence de sens entre des mots qui se prononcent de
manière identique ou approchée. « Le calembour est la fiente de l'esprit qui vole » (V. Hugo).
38. un virelangue : phrase ou séquence de mots comportant des syllabes phonétiquement proches que
l'on doit prononcer très vite sans se tromper. Ex. Didon dîna, dit-on, du dos d’un dodu dindon.
39. des termes abscons : difficile* à comprendre. Abstrus.
40. des mots à hics (hic) : comportant des difficultés.
Source : dictionnaires Le Robert - Le Petit Robert de la langue française

